À quoi ressemble vraiment une décision business bien posée ?
Un dirigeant d'une PME de 31M€ regarde ses chiffres commerciaux depuis plusieurs mois. Les agendas des commerciaux sont pleins. Les objectifs par gamme sont fixés. Mais le taux de transformation ne bouge pas.
Quand il creuse avec ses commerciaux, il comprend ce qui se passe vraiment. Chacun défend ce qui est le plus facile à expliquer en rendez-vous, et évite les conversations difficiles sur les gammes moins connues. Le marketing, lui, produit des contenus pour toutes les gammes, en plus des autres actions sur la fidélisation et la visibilité de la marque, sans que personne n'ait décidé ce qui méritait vraiment un effort concentré dans cette phase.
C'est là que le dirigeant prend sa décision : l'objectif du marketing pour les 12 prochains mois, c'est d'aider les commerciaux à mieux convertir sur ce qui marge le mieux.
Cette décision, en apparence simple, change tout dans l’efficacité du marketing. Premier effet immédiat, elle répond d'un coup à des questions annexes qui traînaient sans réponse. Est-ce qu'on fait évoluer la newsletter mensuelle corporate ? Non, ce n'est pas ce qu'on a décidé de faire. Est-ce qu'on refait le site qui est vieillot ? Pas maintenant. Est-ce qu'on travaille sur la fidélisation des clients existants ? Ce n'est pas la priorité de cette phase.
Les discussions qui deviennent possible une fois le cap posé.
Ce qui est intéressant, c'est que cette décision n'est pas une fin de conversation. Elle en ouvre d'autres, mais des conversations utiles cette fois.
Sur quelles gammes concentre-t-on vraiment l'effort commercial dans les 12 prochains mois ? Quelle est la marge réelle de chacune, et est-ce qu'on en parle franchement avec les commerciaux ? Y a-t-il des segments de clients sur lesquels le taux de conversion est structurellement plus faible ; et si oui, est-ce un sujet de marketing, de pricing, d’incentive du réseau ?
Ce sont des questions auxquelles le dirigeant doit répondre, seul ou avec l’aide de ses équipes, parce qu'elles sont dans son territoire. Et une fois qu'il y a répondu, tout le monde a une vision claire des priorités et le marketing sait exactement sur quoi se concentrer.
L’équipe marketing ne produit désormais plus une liste de livrables sans fil conducteur. La stratégie et le plan marketing produisent un ensemble d'actions qui répondent toutes à la même question clé : qu'est-ce qui aide un commercial à convaincre un client d'acheter ces gammes ?
Ça peut vouloir dire optimiser les fiches techniques du site B2B pour que le commercial puisse les utiliser en rendez-vous. Revoir la navigation du site BtoC pour valoriser encore plus ces gammes. Créer des outils de cotation accessibles en temps réel. Former les revendeurs sur ce qu'on leur demande vraiment de pousser. Organiser des événements réseau dédiés à cette gamme pour créer de la familiarité. Créer un concours de vente spécifiques sur ces gammes, dans le réseau. Concentrer la production de contenus Instagram sur ces gammes…
Le reste de l'offre n'est pas abandonné. Il continue d'exister avec des supports fonctionnels, sans investissement marketing lourd. Mais il n'a pas le même statut dans cette phase, et tout le monde le sait.
Ce que ça change dans la façon de piloter.
Une fois ce cadre posé, le dirigeant de PME peut faire quelque chose qu'il avait du mal à faire clairement avant : évaluer et piloter. Est-ce que les commerciaux utilisent ce que le marketing produit ? Est-ce que le taux de conversion a bougé sur cette gamme ? Est-ce que les objections récurrentes sont mieux traitées qu'il y a trois mois ?
Ce sont des questions simples, mais elles supposent qu'on ait décidé au préalable sur quoi le marketing était censé agir. Sans cette décision, tout résultat est discutable. Avec elle, on peut avoir une conversation factuelle sur ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas.
Ce que ça change aussi, c'est la façon dont le dirigeant de PME vit son marketing au quotidien. Les sujets qui remontent à lui sont filtrés. Est-ce que ça va dans le sens de ce qu'on a décidé de faire dans cette phase ? Si oui, on avance. Si non, on reporte ou on arbitre explicitement.
En bref, le dirigeant a maintenant un référentiel stable sur lequel appuyer les décisions du quotidien.
Pourquoi cette clarté ne dure pas sans effort.
Ce qui est vrai aussi, c'est que ce type de décision peut rapidement s’éroder. C’est simplement le quotidien qui tente de happer les équipes. Des sujets nouveaux arrivent, des opportunités se présentent, des idées internes ou externes poussent à rouvrir des choses qui avaient été fermées.
Un client important demande un effort de communication particulier. Un commercial suggère de mieux présenter tel segment parce qu’il a des demandes. Une opportunité de partenariat media se présente, un peu éloignée de la bonne cible dans la phase actuelle. Chacune de ces situations est légitime prise individuellement. Ensemble, elles peuvent diluer progressivement un cap qui était clair.
C'est pour ça que poser une décision ne suffit pas. Il faut aussi la tenir dans le temps, savoir quand elle mérite d'être revue et quand elle mérite d'être défendue. C'est souvent là que le travail le plus utile se fait : pas dans la décision initiale, mais dans sa tenue face aux frictions du quotidien.
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